Alfred Papuçiu: Le bonheur suisse et les Albanais
| E Diel, 23.08.2009, 03:56 PM |

Micheline Calmy-Rey, ministre e jashtme e Zvicrës dhe Alfred Papuçiu në Krans-Montana
Micheline Calmy-Rey, ministre e jashtme e Zvicrës dhe Alfred Papuçiu në Krans-Montana

Le bonheur suisse et les Albanais


Rencontre surprise avec la conseillère fédérale, Micheline Calmy-Rey
 
Le journal d’un médiateur culturel (III)
 
Alfred Papuçiu
 
18 août 2009. Bientôt c’est le temps de partir de Crans-Montana pour Genève. Cela nous manquera le cadre fantastique de la Clinique Genevoise de Montana, Montana, le Camping Moubra, le Marche du Vendredi de Montana, les magasins avec des souvenirs du Valais, les maisons et les immeubles ornés avec des fleurs multicolores…Aussi, vont nous manquer : les infirmières du deuxième étage : Cathy, Denise, Isabelle, Mercedes, Marie-Thérèse, Christèle, Christine, Virginie, Sara, Eveline, Caroline. Aussi Bianka et Véronique qui travaillent d’habitude la nuit et me disent avec un sourire que je dois partir à la chambre dormir pour récupérer le lendemain. Bianka paraît qu’elle est rigide, en fait elle est très douce et je crois qu’elle maitrise très bien sa profession, ainsi que Véronique avec son bonnet caractéristique qui lui donne un charme particulier. Les colloques sur l’Hypertension, ainsi que sur le Diabète, l’Art-thérapie, la physiothérapie ont donné leurs fruits. Les médecins, Simona. Lia, Olivier et les infirmières, nous font une récapitulation de ce qu’on a eu comme expérience ici. Des explications simples, à partir des questions des participants selon leurs propres expériences. La rencontre avec le Directeur, Jean-Pierre Blanc, a été très utile pour moi. C’est un homme simple qui m’a remercié pour les éloges que j’ai fait pour la Clinique Genevoise de Montana, mais qui est très modeste et m’a donné des conseils valables, surtout à moi, comme journaliste freelance, concernant le service et que tous doivent faire plus pour satisfaire les patients.  Bien que je sois pas du même avis en entier, parce que je n’ai pas trouvé « des failles » dans la CGM, je respecte l’avis de ce Monsieur noble et très respecté par ses collaborateurs.

19 août 2009. Nous sommes comme une famille, de diverses nations, de l’Europe des 27, mais aussi de l’autre Europe.  Je suis en train de lire le travail de recherche de Mlle Shqipe Mehmteti intitulé « Comment réussir son intégration en Suisse tout en gardant son identité culturelle ? Elle commence sa recherche avec les mots de notre grand écrivain Ismail Kadaré : « L’Histoire de l’Humanité est celle de la traduction. Nous sommes tous des traducteurs, même lors d’une conversation élémentaire. Traduire est notre condition ; nous traduisons nos pensées, nous traduisons les propos de nos interlocuteurs ; nous interprétons en permanence et c’est là notre quotidien… »

Shqipe, une jeune fille très intelligente et qui a dans son archive personnelle des centaines de poésies et de réflexions, m’a confié son étude pour lui donner mon avis. Mais personnellement, je ne vois pas de « failles » dans ses pensés, ainsi que son français est parfait, comme Madame Cartier, si j’ose dire qui a travaillé pendant toute sa vie dans le pool du français dans les organisations internationales, et surtout à l’ONU à New York et à Genève. « Toute petite, dit Shqipe, je me suis posée beaucoup de questions sur mes origines, ma culture et mon éducation. Plus tard une autre question : « l’intégration », un mot qui a sonné faux dans ma tête, durant plusieurs années et qu’à présent j’arrive enfin à désigner. L’intégration, un terme un peu abstrait à mes yeux, que j’aimerais définir au cours de mon travail de recherche…Les immigrés kosovars, comme de nombreux autres immigrés, se retrouvent en décalage face à leur société d’origine et à la société suisse. Les seuls Albanais qui participent à la vie sociale, sont les enfants durant leur scolarisation, ils font le « pont » entre les deux sociétés, en communiquant les informations de l’extérieur à peurs parents, puisque la plupart du temps, le père travaille toute la journée et la mère n’exerce pas d’activités, ce qui ne facilite pas l’apprentissage du français. Le niveau de langue du père n’est souvent pas très élevé, étant donné qu’il travaille avec d’autres étrangers. L’enfant, dès son plus jeune âge, a pour responsabilité de communiquer l’administration et prend le rôle de ses parents. C’st à ce moment que quelques problèmes se posent entre les parents et l’enfant ; ca celui-ci joue le rôle d’un adulte responsable, mais en même temps doit obéir à l’autorité parentale.

Ce que vient d’afficher Shqipe est vrai. Mais heureusement, en comparaison avec d’autres pays européens la Suisse est précurseur concernant l’intégration des étrangers. Prenons seulement l’exemple des Albanais qui ont une Université Populaire à Genève. Il a été fondé en 1996, afin de faciliter l’intégration des ressortissants Albanais, surtout du Kosovë, Macédoine et Monte-negro. UPA propose différentes activités, comme l’apprentissage de la langue français, anglaise, allemande et albanaise. Il y a des cours d’informatique, de piano et de danses folkloriques albanaises. En fait, ce centre culturel est ouvert aussi à la société genevoise en général. Il y a aussi le Département de l’instruction publique qui est favorable à l’intégration des immigrés.

Revenons à la question de Shqipe qui a été soulevé aussi par des intellectuels Albanais, comme mon feu ami Hevzi Kryeziu qui a été enterré aujourd’hui dans sa terre natale au Kosovë. Comment réussir son intégration en Suisse, tout en gardant son identité culturelle ? Shqipe Mehmeti arrive dans la conclusion : « Si l’on souhaite s’intégrer à la société suisse, il faut rompre avec certaines traditions de notre société d’origine. L’identité culturelle des jeunes Kosovars se modifiera, elle deviendra biculturelle, c’est-à-dire qu’elle possédera des valeurs culturelles suisses et albanaises. Une fois que cette situation biculturelle est acceptée, le jeune adulte pourra construire son identité, ainsi, son intégration se fera naturellement ». Pour aujourd’hui, nous restons dans ces mots de Shqipe Mehmeti, que vous pouvez les approuver ou non, selon votre point de vue libre, mais ses réflexions doivent nous réveiller, pour mieux comprendre qu’elle est la meilleure voie pour continuer à être Albanais,  mais aussi à être intégré dans les pays d’accueil.

Dans cette direction, je voudrais souligner, comme je l’ai souligné, même précédemment, le travail qu’on doit faire avec la Diaspora albanaise de quelques millions, à l’étranger. Les Suisses de l’étranger sont aujourd’hui 700'000, dont les trois quarts ont la double nationalité. Pour défendre leurs intérêts, existe l’Organisation des Suisses à l’étranger (OSE) qui tient son Congrès chaque année. Elle existe depuis 1916 et est reconnue par les autorités comme le porte-parole des Suisses à l’étranger depuis 1966. Communément appelée la Cinquième Suisse, elle représente presque un dixième de la population totale du pays. On lui doit le vote par correspondance, introduit le 1er juillet 1992. Selon OSE, les Suisses vivant hors du pays sont des intermédiaires entre la Suisse et la nation où ils se sont installés. Par les réseaux dont ils disposent, ils sont en bonne place pour faire comprendre la Suisse, sa politique et ses valeurs. Est-ce que notre Nation arrivera à attirer autour de lui, par l’intermédiaire des représentations diplomatiques à l’étranger, ses citoyens ? Et non pas seulement pour la Fête Nationale, où plusieurs d’entre eux, restent hors de la liste des invités, parce que dans ce receptions on donne la priorité aux diplomates étrangers…

Comme par hasard, lié avec ce sujet, j’ai reçu de l’Institutrice Nexhmije Mehmetaj de Courgenay (Jura) la lettre de remerciement du journaliste Peggy Frey qui a réalisé l’article chez «  Le Nouvelliste » « Nous avons deux pays, deux histoires ». Et il continue : « A la table d’une famille d’Albanais du Kosovo s’égrènent les souvenirs. Une façon de découvrir la vie et les traditions de ces expatriés installés dans le Jura. En Suisse, ils sont 200'000, la seconde communauté étrangère du pays…Passionnée de littérature et de linguistique, Nexhmije, la maman, enseigne la langue albanaise aux enfants de la communauté. Nezir, le papa, travaillait à la construction des tunnels de la Transjurane. Liburn, le fils, entame des études de droit à l’Université de Fribourg ».


20 août. La femme qui sert à la cafétéria au PMU demandera bientôt l’allocation chômage. Pourquoi ? Parce que mon ami Gilles qui est parti la semaine passée, buvait 5 verres de l’eau « Henniez » et toujours payait 15 francs pour 15 dc. Je rigolais et je lui disais de prendre de l’eau de la Clinique et d’acheter au PMU seulement un verre d’eau. Mais il était scrupuleux dans ses pensées. J’étais content avec un café Express et la belle vue des montagnes de Valais, devant et de Sierre, en bas.

Je lis le livre de Philip Mansel intitulé « Charles-Joseph de Ligne » (1735-1814). Entre autres, il est dit « Charles-Joseph, prince de Ligne, fut un Européen du XVIIIème siècle pour qui les frontières n’existaient pas. Convaincu que « l’on perd de sa considération dans un pays que l’on habite tout à fait », parlant le français, la langue internationale de l’époque, il voyagea partout entre Paris et Saint-Pétersbourg, revendiqua sept mères patries : ce qui constitue maintenant la Belgique, où il naquit, le Saint Empire romain germanique, l’Autriche, la France, la Pologne, la Russie et la Hongroie…Ses mémoires et ses lettres constituent le témoignage le lus vivant que nous ayons sur le temps où Vienne fut de fait la capitale de l’Europe. Il y vécut vingt ans, dans la même rue que Beethoven, et y mourut d’un refroidissement attrapé pendant le congrès de Vienne…En Europe le souvenir de Ligne n’a jamais disparu. En Belgique il est un héros national, et le thème unique d’ne publication savante : « Les annales du prince de Ligne ». Paul Valéry fut un fanatique du « divin prince de Ligne », Paul Morand salua en lui « l’incarnation du XVIIIème siècle ». Sa liberté d’esprit, son européanisme naturel ont causé un récent renouveau d’intérêt. Chaque année on réimprime de ses œuvres. Alors que l’Europe est sur le point de renaître, dit Philip Mansel dès 1992, que l’Europe centrale, seconde patrie de Ligne, revit, ce courtisan du XVIIIème siècle est un homme de notre temps ». Prince le Ligne correspondit avec Voltaire, dîna avec Frédéric le Grand, parcourut la Crimée avec la Grande Catherine, corrigea les manuscrits de Casanova, échangea des poèmes avec Goethe. Il a vécu et raconté l’âge d’or des Lumières, la rivalité entre l’Autriche et la Prusse pour la domination en Allemagne, les prémisses de l’effondrement de l’Empire ottoman, la naissance du nationalisme allemand et la lutte de l’Europe pour se libérer de l’hégémonisme napoléonienne. Au Congrès de Vienne en 1814, comme témoigne Mme Eynard, membre de la délégation suisse, avec son mari, qui figurent parmi les meilleurs chroniqueurs du Congrès : « J’ai parlé presque tout le temps avec le prince de Ligne qui est grand admirateur de la Suisse ».

Le Prince Ligne aimait « l’Europe sans frontières » depuis le siècle passé. Aujourd’hui, en lisant ses postulats et de maints pères de cette Europe, le précurseur duquel est Schumann, le fossé entre « l’Autre Europe » et l’Europe des 27 ne doit pas devenir plus grande. Le temps a révolu quand des pays européens ou hors l’Europe, pour quoi pas, gardait le régime communiste d’Enver Hoxha au pouvoir, parce que come cela leur intéressait dans le cadre de leurs équilibres, avec les USA, ou avec la Serbie et le régime de Tito et après de Milosevic. L’Epoque d’Enver Hoxha avait rayé l’Albanie de l’histoire générale des civilisations européennes, parce qu’elle était qualifié comme un « pays fermé », « « hermétique ». Mais, à présent, l’Albanie et les Albanais ne sont plus comme les portugais qui ont chassé la dictature en 1964, ou les espagnols qui ont rayé le franquisme et sont entrés en Europe du Bruxelles, bien qu’ils aient à ce temps-là des défauts. Les Albanais ne sont plus comme les italiens, les grecs ou les autres peuples qui ont été obligés, au début du 20ème siècle, ou plus tard, ils ont émigrés aux USA lointain. A présent, l’Albanie est à l’OTAN et bientôt elle sera à l’Union Européenne, et le mouvement libre même des Albanais en Europe et dans le monde, ne peuvent plus l’arrêter le lobe serbe ou une branche du lobe grec, « ennemis » de l’Albanie, ou quelqu’un d’autre qui pour des intérêts propres nationalistes, mets des bâtons sous les roues. L’importance est que nous les Albanais, nous devons être solidaires et en unisson pour la cause de la Nation, les parlementaires, les membres du parti qui est au pouvoir et l’opposition, comme toutes les nations civilisées : comme la Suisse que rêvaient nos hommes illustres de la Renaissance, que nos générations futures ne nous maudissent pas et de nous mettre dans les moules de « celui qui est différent de nous », qui va à gauche ou à droite, quand cela convient pour lui et sa famille. Nous sommes dans la période où le mur maudit de Berlin n’existe plus et quand il n’y a pas de frontières entre les Etats comme la Suisse, la France, l’Autriche, le Lichtenstein, mais seulement des champs de blés, ou avec des fleurs. L’Albanie et Kosovo sont très proches avec les cultures européennes. Avec notre langue, nous avons communes les cultures de plus de 300 millions européens. Nous vivons dans une réalité multiculturelle et multi religieuse qui a inclus au sein du continent le refus du centralisme ou de l’uniformité. Même Skanderbeg, la Mère Teresa, Isa Boletini, Adem Jashari, ou Guillaume Tell de la Suisse, font partie dans le patrimoine commun de l’Europe. L’homme avec
l’arc est aussi dans les légendes nordiques, comme on raconte des histoires pour les héros de notre Nation partout.
 
23 août. Je vais à Montana, à l’Eglise catholique de Sacre-Cœur. Plus de 200 personnes participent au rite de dimanche « Prions le Seigneur », Chacun oublie les problèmes et pardonne même celui qui nous a causé du mal, d’une façon ou une autre. « Aimez chacun, comme son propre corps », dit le prêtre, entre autres

Alain est allé à l’Eglise protestante qui est dans la rue vers le Camping « Moubra » et il me dit qu’une fille qui portait le nom de Camilla a été baptisée. Quelque chose de divine, aussi un souvenir inoubliable.


La rencontre surprise avec la Conseillère fédérale de la Suisse, l’honorable Madame Micheline Calmy-Rey

23 août 2009, 10 heures 30. Comme d’habitude, je sortais de la Kiosque du Monsieur A.Moréira, Avenue de la Gare 10, Montana. J’avais, à peine pris le journal albanais, où il a été publié mon article concernant mes impressions sur Crans-Montana. Devant moi, je remarque Madame Micheline Calmy-Rey, la Conseillère Fédérale de la Suisse, accompagné par une femme et un homme, ses proches. Aucun garde de corps près d’elle. Modeste, souriante, avec sa mèche caractéristique grisâtre, elle s’arrête. Avec sa haute stature, d’une femme d’Etat, comme Hillary Clinton ou Angela Merkel. Je n’ai pas de temps de réfléchir. Je me présente, en lui prononçant mon nom et en la remerciant encore une fois pour la lettre qu’elle m’avait envoyée précédemment. Aussi pour le support qu’elle a donné pour les Albanais, pour la reconnaissance de l’Etat du Kosovo et ainsi que pour la politique étrangère de la Suisse, dirigée par elle depuis des années. Elle sourit, avec les paumes caractéristiques qui expriment un plaisir. Je lui exprime mon désir de faire une photographie ensemble qu’elle a accepte sans hésitation. Après un bref entretien et moi très ému, nous nous sommes quittés comme si nous étions des amis depuis longtemps. Elle est entrée pour acheter quelque chose, dans le kiosque où je vais chaque jour, modeste, saluée par les passants. Tout de suite, je vins en arrière dans mes souvenirs, un peu étonné. C’était le hasard que j’ai eu aujourd’hui une rencontre inoubliable avec Micheline Calmy-Rey, qui a son temps très limité. Elle vient de rentrer de sa rencontre avec Hillary Clinton. Dans ma tête sont inculqués ses mots envoyés dans sa lettre, concernant l’engagement de la Suisse pour l’indépendance et le parcours de la démocratie au Kosovo. Entre autres elle m’écrivait : « Concernant la politique de la Suisse envers Kosovo, je suis sensible de l’amabilité de vos propos. Pour la Suisse, l’indépendance du Kosovo est un facteur important pour les garanties institutionnelles de la protection des minorités et des droits humains, qui sont une de ses grandes préoccupations…Comme demain, ainsi qu’aujourd’hui, le respect des standards revêt d’une importance primordiale dans un Kosovo indépendant, des « standarts beyond status », qui doit être le principal principe. Aussi, une présence internationale au Kosovo est indispensable et elle y restera encore pour longtemps ».

A la fin, la conseillère fédérale des affaires étrangères souligne : « Je vous remercie de l’intérêt que vous témoignez envers la politique étrangère de la Suisse et acceptez l’assurance de ma considération distingué ».

Bientôt, le bonheur dans les montagnes de Valais de la Suisse termine pour moi et je partirai, avec mes meilleurs souvenirs qui continueront dans d’autres endroits de cette terre avec des hommes sincères, travailleurs. Seulement avec leur travail, ils ont changé ce territoire de seulement 48 milles m2 en un  havre de paix, de prospérité.


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