Interview du journaliste Nefail Maliqi avec l’écrivain Alfred Papuçiu
| E Hene, 20.07.2009, 05:10 PM |

Sans remords

Interview du journaliste Nefail Maliqi avec l’écrivain Alfred Papuçiu.

Nefail Maliqi: Ces derniers temps vous avez écrits quelques livres bilingues et des articles dans la presse albanaise en Albanie ou dans la Diaspora. Pouvez- vous nous dire quelques mots sur les thèmes que vous traitez ?

Réponse: Il est vrai que ces derniers temps j’ai beaucoup écrits, après deux ans de silence. Mes raisons étaient objectives et il me faudrait vous expliquer longuement. Peut-être une autre fois ? Toutefois, j’ai collaboré avec la presse albanaise et suisse, pour des écrits des écrivains de la Diaspora se trouvant en Suisse, aux Etats -Unies, ainsi que de l’évolution de la politique dans les Balkans, en Albanie et en Kosovë.

Nefail Maliqi : Ainsi, vous avez aussi publié des articles qui me correspondent comme par exemple celui dans « Le Courrier », parlant du respect des différentes cultures en Suisse, surtout à Genève qui est une ville multiethnique.

Réponse : Nous Albanais avons de la chance de vivre en Suisse, puisque la Confédération Hélvétique, nous a donné le droit d’apprendre notre langue maternelle, de cultiver notre culture ; tout un chacun peut demander la naturalisation, tout en gardant sa nationalité. Mes connaissances suisses sont des personnes avec « le cœur net ». C’est pourquoi, mes trois derniers ouvrages, édité par la maison d’éditions „Toena“ ainsi que celui édité par la maison d’éditions „Alor“ ont pour sujets principaux des moments de ma vie; celle de mes compatriotes Kosovars, ou de mes compatriotes vivant dans les régions albanaises, en Macédoine, au Monténégro, en Grèce, en Italie, aux Etats -Unies et en Albanie, ainsi que ceux vivant à l’étranger. Mon livre, „Réflexions sur les Albanais, l’Europe et les Nations Unies“, édité partiellement en albanais et français, puisque ce livre allait être volumineux,  contient aussi un journal de ma vie diplomatique, ainsi que comme fonctionnaire international à Genève et mes nombreux déplacement en Europe, aux Etats -Unies, les pays arabes et en Afrique etc. Je vais peux -être publier ma biographie après avoir eu l’opinion de mes amis et compatriotes. Alors que mes autres ouvrages français albanais: „L’élève passionnée du romanche“; et „ « Avec le cœur net“, contiennent essentiellement les esquisses, mes dires et pensées depuis la Suisse et mes rencontres avec mes compatriotes et amis. Ils contiennent aussi le journal de la vie du médiateur culturel, comme membre associé de la Fédération Internationale de Thalassémie, naturellement les écrits en troisième personne. Ce sont des beaux souvenirs de la trialogue entre les médecins, en général, le personnel soignant, particulièrement des patients de la Kosovë, ainsi que des régions de la Macédoine, de l’Albanie, et le médiateur culturel et le traducteur. Il y a aussi les cas de travaux dans les écoles, des organismes suisse d’entraide pour les albanais, ce sont vraiment des moments émotifs. Je voudrais exprimer ma reconnaissance pour ces publications à la « Fondation  recherche, enseignement et formation du malade ». Ainsi que mes amis qui ont donné leurs contributions pour ces publications. Evidemment mes souvenirs et mes réflexions sont seulement des impressions générales accumulées pendant des années qui n’engagent que moi. J’ai toujours aimé ma profession, non pour m’en venter, qui me lie avec ma terre Patrie et ma langue maternelle, cela pour transmettre des messages. Je vais continuer mon chemin d’un peu près quatre décennies comme les marins qui malgré la tempête continuent de naviguer. Mon livre : « Réflexions pour les Albanais, L’Europe et les Nations Unies », au fond, a une série de problèmes qui ont vraiment été traités, mais aussi dans le cadre de la diplomatie et aussi du travail avec les organisations internationales. La culture politique des représentants de l’Albanie au sein des Nations Unies, ainsi que les relations qu’ils entretiennent avec les représentants des pays européens, avaient comme résultat que quelque uns, souvent surpassaient le rayon étroit de la politique de ces temps-là. Ils suivaient les sentiments des albanais pour une vie meilleure,  en comparaison avec l’Europe, la Suisse, les Etats-Unis, et les aspirations des Nations Unies. J’ai écris un livre, non sans dessein,  à propos des problèmes de l’appartenance européenne de la nation albanaise. Il y avait et il y a de nombreux arguments pour convaincre les nombreux interlocuteurs pour l’acceptation de l’Albanie « de jure » au sein de l’Union européenne et aussi pour l’indépendance de la Kosovë. N’est-ce pas un argument solide que l’Albanais est la plus ancienne langue européenne, sa culture, le travail des milliers d’albanais de la Kosovë, les régions et l’Albanie qui construisent  l’Europe depuis des décennies ? N’est-ce pas suffisant d’avoir mère Teresa, notre héro national, Skanderbeg qui depuis des années, se trouve au cœur du grand parc de Genève, grâce au soutien du professeur Astrit Leka et qui chaque jour est visité par des centaines de compatriotes et de touristes étrangers. Il y a eu des gouvernants, des premiers ministres, des hommes distingués qui ont contribué pour l’Europe et les sacrifices du peuple souffrant albanais durant la Deuxième Guerre Mondiale ou alors l’aide qu’ils donnèrent aux italiens, aux juifs, lors de la chute de l’Italie qui se réfutèrent dans les demeures des simples albanais. Les Albanais méritent plus que le Karabouroun où perdirent la vie des dizaines de personnes innocentes, seulement parce qu’ils voulaient voir autre chose, en Europe. L’Europe est aussi l’Albanie, la Kosovë, les autres pays des Balkans et les peuples qui rêvent de passer encore une fois les frontières de l’Europe. Nous sommes dans l’époque où le mur de Berlin est tombé une bonne fois pour toute.

Nefail Maliqi: Vous avez mis en évidence par plusieurs reprises la présence des Albanais en Europe, de quelques dizaines de millions. Pourquoi faites- vous allusions à ce fait particulièrement maintenant ?

Comme tout albanais de la Diaspora je prête attention aux intérêts et à l’évolution de l’Albanie et de la Kosovë. Comme un simple albanais, un ancien diplomate, un fonctionnaire indépendant dans plusieurs organisations internationales, durant vingt cinq ans et ma participation à de nombreuses conférences internationales, j’ai voulu donner un message modeste pour le lecteur albanais et pour nos amis les suisses ou les européens, de l’Europe représentée à Bruxelles. Je m’exprime personnellement. J’ai achevé des hautes études à l’Université de Tirana et j’ai réussi mon examen de fonctionnaire international, aussi, en 1991  j’ai obtenu le diplôme respectif du siège des Nations Unies ne New York. Lors de mon arrivée en Suisse, même provisoirement, j’ai particulièrement voulu m’instruire au sujet des problèmes européens. J’avais besoins de ces connaissances pour le travail que j’effectuais ici , comme fonctionnaire indépendant de la Commission économique de l’ONU pour l’Europe, (CEE), à l’Office Européen Nations Unies à Genève ou dans le Bureau International du Travail (BIT), à la CNUCED, comme consultant pour les publications des organisations internationales. Ainsi, ceci avec mon intérêt pour mieux connaître la question de l’Europe. Mes professeurs venaient de différents pays, non seulement de la Suisse, mais aussi de la France,  de la Grande Bretagne, de la Hongrie, des pays slaves, de l’Allemagne, l’Italie etc. Malgré tout, ils se tenaient aux fondements de la politique, à l’économie régionale, au droit, à l’économie de service et l’histoire de l’Europe depuis ses débuts. Ce fut vraiment une deuxième école pour moi, puisque je me suis fait un autre point de vue de l’Europe, celle crée par « ses pères fondateurs » Robert Schuman et Jean Monet. L’Europe échappa de l’Hitlérisme, grâce à l’énergie et au courage de Winston Churchill, ainsi qu’au  soutien des débuts de l’Amérique avec le Plan de Georges Marshall. Ce n’est pas par hasard qu’il y a plus de quatorze ans, dans mon étude de plus de cent pages sur « Albanie-Europe, perspective d’intégration », je parle de ces dernières ainsi que de la Kosovë. Une partie de cette étude était tiré de mon thème de diplôme des mes hautes études européennes à l’Institut Européen de l’Université de Genève. Je me souviens que ce n’est pas sans raison que la maison d’éditions « Nagel » et son éditeur, mon ami Louis Nagel, a publié un jour le livre intitulé « Au nom de l’Europe » de Robert Schuman. Nagel me recevait le plus souvent dans son bureau à la « Rue de l’Orangerie » à Genève, puis il me parlait de cet homme courageux avec qui il discutait de la question européenne. Pour la question européenne, ce livre a été traduit et édité, en 2002,  par la maison d’édition « Ora ». La traduction a été réalisée par Besnik Mustafaj. Le préambule est de Pjetër Arbnori qui exprime son hommage en disant que «  nous devons suivre l’exemple de Robert Schuman afin de résoudre les problèmes dans les Balkans, pas à pas avec l’intégration au sein de l’Union européenne. La résolution superficielle est absurde, il nous faut une résolution tridimensionnelle ou multidimensionnelle. Elle doit réunir cinq traditions, six histoires, sept centres principaux, huit langues, neufs Etats, dix couloirs de routes qui zigzaguent les champs et forêts de cette presqu’île, sans déplacer la frontière des Etats, mais en remplaçant les barbelés par des roses démocratiques ».

J’ai parlé de ce fait pour que chacun d’entre nous réfléchisse en Albanie comme à l’étranger : comment allons nous parvenir à ce que notre presqu’île ne soit plus vue comme une « poudrière », « un champ de bataille », mais encore comme un endroit au loin de l’Afrique où ils il y a des conflits multiethniques ou des guerres de tribus. Je ne sais pas vraiment mais avec notre mélange, tous que nous soyons en Albanie ou à l’étranger, nous agissons comme  des « anciens politiciens » ou plutôt «  qui connaissent sur le bout des doigts la politique » : qu’elle voie devrait suivre le gouvernement démocratique de l’Albanie ou de la Kosovë, ainsi que du changement de personnel au sein du gouvernement. Je répète que je ne suis pas membre d’un parti politique en Albanie, je n’ai aucun intérêt personnel ou alors profit personnel, puisque je vis et je travaille en Suisse où je me trouve provisoirement. Toutefois, j’ai obtenu la naturalisation suisse. Je suis fier que la Confédération multiethnique Helvétique me donna le droit de garder ma nationalité et celui de travailler dignement. Je ressens tout comme un simple citoyen albanais qu’« Il y en a marre !» des diffèrent faits divers que relate la presse de Tirana et de Pristina, en relation avec le ministre des affaires étrangères albanais pour la Kosovë ou d’autres déclarations pour le gouvernement de la Kosovë, mais encore le nom du personnel diplomatique avec une expérience dans ce domaine qui amène du sang nouveau, ayant obtenu des titres universitaire en Europe ou aux Etats-Unis, en affichant avec bon sens et courage la politique du gouvernement démocratique. J’avais aussi accentué cela auparavant, en comparaison avec un diplomate sous l’ombre dans le passé, même ici en Suisse qui ignorait ou bien qui n’en savait pas plus que « son rayon » et qui avait peur de croiser ou de rencontrer des compatriotes à l’étranger, par le fait qu’ils sont plus respectueux et plus dévoués à leur parti que lui. Je pense que lorsqu’il y a un changement de gouvernement dans un pays plus démocratique dans le monde, aux Etats-Unis, en Allemagne, en Grande-Bretagne, au Canada, en France, en Belgique, en Egypte, en Autriche, ou en Pologne, en Bulgarie, en Croatie, le personnel diplomatique change aussi. Surtout les ambassadeurs dans les pays importants sont choisis par le parti au pouvoir. Prenons l’exemple de la diplomatie américaine, du pays le plus puissant au monde, depuis les débuts de la démocratie, et à l’ère moderne avec Bush, le père et le Bush junior, Reagan, Bill Clinton. Ils sont représentés avec un nombre considérable de leur personnel, beaucoup plus grand que l’Albanie, pour la simple raison de leur grandeur et de leur potentiel. Ils envoient aux Nations Unies à New York, au siège des Nations Unies à Genève, à Paris, à Vienne, surtout de nouveaux diplomates cultivés, étudiant la diplomatie et les relations internationales. Il n’y a pas de meilleures écoles que dans ces villes, pour les jeunes diplomates, non seulement parce qu’il y a beaucoup de conférences durant l’année académique, il y a aussi des collègues suisses, américains, allemands, français, autrichiens, espagnols, argentins. Avec eux, on peut être en contact beaucoup plus souvent que dans une ambassade, ce lieu où il y a seulement les relations bilatérales et où il n’y a pas d’organisation internationale.

Je souhaite aussi exprimer autre chose brièvement : que dans chaque pays du monde, même ceux qui sont démocratiques depuis des décennies, leur presse spécule de déclarations, surtout pour les ministres des affaires étrangères qui sont plus découverts dans la presse, à la télévision, plus que tous les ministres. C’est pourquoi, ici, en France, en Grand Bretagne, en Allemagne, aux Etats-Unis, au Canada, au Brésil, à Singapour, il arrivait que le porte-parole du ministre des affaires étrangères donnait la version officielle de la déclaration déformée par la presse, même s’il pouvait être sans leur vouloir, par une mauvaise prise de note, mais encore par une mauvaise interprétation. Par exemple, le Parlement, le Conseil des Etats ou le Conseil National en Suisse ou le Parlement des autres Etats démocratiques, depuis des décennies, ne pensent pas à faire appel, pour évincer de ces fonctions le ministre des affaires étrangères, pour une déclaration dans le journal « x » ou « y » ou au Téléjournal. Je voudrais accentuer que la conseillère fédérale des affaires étrangères suisse (ministre des affaires étrangères), Micheline Calmy-Rey, est très courageuse, digne, entière et sincère. Elle a souvent parlé de sa position pour la Kosovë et la situation de son peuple, sans changer d’opinion. A ce propos, la majorité de l’opinion publique approuve. Elle fit de même lorsque la Suisse annonça son désir de médiatrice entre Israël-la Palestine, ou la résolution du problème arabe en général. D’autres initiatives de la Suisse sont semblables et ne plaisent pas à tous les pays. Toutefois, je peux dire avec conviction que la Confédération Helvétique aspire un respect profond, non seulement de ses voisins, mais aussi des grands Etats, à travers le monde. Elle est reconnue dans les organisations des Nations Unies, même si la Suisse est un petit pays, elle donne son avis,  lors de problèmes. Ainsi est le cas du ministre des Affaires Etrangères d’un Etat souverain, comme l’Albanie qui a un devoir difficile mais fidèle,  a le droit de se représenter avec tact et avec plus de force les nouvelles positions et osées de l’Albanie démocratique. Il connaît bien les nouvelles aspirations du nord de l’Europe et la mentalité politique du nord, non comme ancien ambassadeur pendant plus de six ans, mais aussi comme parlementaire, ayant participé à des conférences internationales. Il a le droit d’exprimer la position de son pays des problèmes les plus cardinaux de notre temps et d’offrir la possibilité de médiation ou alors comment réagir lors de nouveaux problèmes dans les Balkans à l’avenir. Il appartient aussi à l’Albanie, puisque maintenant il n’y a plus de temps pour les flatteries ou la peur ou des « humiliations », par simple désir. C’est l’ère de la diplomatie de l’équilibre entre voisins, de l’égalité entre Etats, soient-ils grands territorialement, ou ayant une démographie élevée. C’est le temps de l’amitié entre pays européens sans distinction, mais aussi avec d’autres pays, comme les pays arabes et islamiques. Pourquoi seules quelques démocraties, soient-elle des pays du nord, des pays de l’Est ou du Sud de l’Europe, peuvent avoir de bonnes relations diplomatiques avec des pays à majorité chrétienne ou à majorité musulmane, avec des pays arabes ? Ainsi les intérêts économiques primaires des pays que je viens de citer et d’autres comme ceux-ci, poussent à avoir des relations économiques, politiques, même s’ils participent à la conférence islamique ! Par conséquent, je trouve déplacé les insinuations envers le gouvernement démocratique de l’Albanie, soit elle fragile, puisqu’elle débute dans son travail. En relation avec la politique extérieure qui défend les intérêts du peuple albanais en Albanie ou en Kosovë, qui à présent à un nouveau gouvernement, il faut que tous soient en unisson. N’oublions pas frères qu’il y a des milliers d’albanais de la Kosovë, des régions de la Macédoine, du Monténégro, de l’Albanie, de l’Europe et du monde qui contribuent modestement avec leur aide comme ouvriers, économistes, médecins, ingénieurs, architectes, journalistes, scientifiques, artistes, professeurs, maîtres d’école etc. et mettent une pierre dans les fondements de ces Etats. Ils ont aussi le droit que leurs familles puisse circuler librement dans les pays d’Europe et dans le monde, comme les parlementaires ou les politiciens qui ont beaucoup de faciliter à obtenir un visa. C’est une attitude solidaire dans cette direction qui est affichée par tous les partis politiques de la droite, du centre et de la gauche, dans tous les pays qui ont une culture démocratique depuis des dizaines de décennies.

En ce qui concerne les insinuations des modifications du territoire, il me semble que l’on exprime d’une façon modéré ou alors la rage de la douleur, de la souffrance, de quelques simples albanais de la Kosovë à l’étranger, à cause de l’assassinat miséreux de leur frères et sœurs, par le régime satrape de Milosevic qui échappa à la peine de la Cour de La Haye, après les crimes impunies de Karachic  et Mladic etc. Ni le gouvernement, ni le parlement albanais, ni les pays européens ne peuvent décider ce que doit faire le gouvernement, le Parlement ou le peuple de la Kosovë, lorsqu’ils obtiendront l’indépendance, mais encore la meilleure solution pour ce peuple martyre. L’Europe, je m’imagine n’est pas enclin à serrer ses tenailles, comme elle à permit la séparation de l’ex-Yougoslavie, de la Slovénie, de la Croatie, de la Macédoine, du Monténégro. Il y a aussi eu la séparation des anciens Etats de l’Union soviétique, à l’intérieur de leur Etat, aussi ceux avec l’approbation de Moscou, puisque à l’ONU et dans d’autres organisations internationales, ils sont représentés depuis des années comme un Etat, à part entière. Ils profitent de leur propre assistance et possèdent des fonctionnaires internationaux. Les Albanais, peu importe, s’ils se trouvent au Kosovë ou en Albanie, à aucun moment ne pensent à une révision du territoire ou une séparation religieuse ou ethnique. Nous ne sommes pas pour une révision des frontières établies en octobre 1913, à Londres. Malgré tout, les Albanais sont conscients et leur histoire avouent le simple jugement comme vérité historique que ces frontières étaient très favorables à la Grèce et la Serbie, sans tenir compte de l’ethnographie de ces lieux. Autrefois quelques unes de ces capitales étaient mécontentes de la création d’un Etat albanais. A quelques reprises, pour cause de conflits extérieurs, l’Albanie a dû garder le silence. C’est seulement en 1920 qu’elle fut admise comme membre à  la Ligue des Nations. Naturellement, l’histoire va se souvenir du passé, mais aussi les albanais à travers le monde : arvanitas, arbëreshë, arbanasit, kosovars et ceux installés ailleurs. Ceux-ci ne sont pas favorables à un changement des frontières, mais souhaitent que les descendants des Illyriens, comme peuples autochtones et un des peuples le plus nombreux de l’Europe Antique, soient maître sur leurs terres, que leur frères kosovars en jouissent comme les autres peuples, puisqu’ils sont de très anciens habitants des Balkans. Le remarquable historien français, Georges Castellan dans son ouvrage : « L’histoire des Balkans », souligne qu’un des peuples balkanique les plus anciens sont les Illyriens albanais. Dans la mosaïque des peuples que contiennent les Balkans, les albanais constituent un des peuples autochtones. Non seulement, Gaius Plines Secundo connut sous le nom Plines le Vieux (23-79 es), un romain connu qui édita en 77 avant JC, une grande série de trente sept volumes, pour l’histoire naturelle intitulé : « Naturalis Historia », dans le VIème volume il écrit : « les Illyriens (Arbër) ont créé le premier alphabet et les romains ont prit des Illyriens leur écriture. La langue albanaise est une des neuf langues indo-européennes qui est restée « intacte », tout comme la caractéristique de ses habitants autochtones,  les Albanais. Le Champ des Merles est un lieu connu de la Kosovë autochtone. Cette bataille se déroula au temps de l’Empire Ottoman. Des milliers d’Albanais de la Kosovë ont enduré la violence et des tortures par la puissance serbe, ils ont été contraints à l’exil. Cela s’est aussi produit dans les années cinquante, comme résultat d’une politique d’épuration ethnique, puis plus tard par le régime de Milosevic. Nombreux d’entre eux retournèrent sur leur terres, après la chute de ce régime satrape. Ils veulent l’indépendance, leurs terres transmises génération après génération. Ils ne veulent pas s’approprier une terre qui ne leur appartient pas. Tout Albanais respectueux, après toutes les injustices, ne veut aucunement changer les frontières d’Etat, mais ne veut plus voir les barbelés aux frontières de l’Etat souverain, mais des échanges internationaux, culturels, seulement une frontière normale , « une séparation avec des buissons décoratives », des fleurs et tous ce qu’il y a de beaux au milieu des lieux des Balkans. Il est ainsi dans l’Europe démocratique. A la frontière de la Suisse et de la France, de la Suisse et de l’Allemagne, de la Suisse et de l’Italie, naturellement il y a des séparations de frontières qui souvent ne peuvent être distinguées des champs de blé et d’assemblements de pierres ou alors avec des arbres des deux côtés. Il y a aussi des contrôles de douane. Il y a des équipes rotatives, pour arrêter la criminalité ou alors les démons qui existent encore dans le monde moderne. Toutefois, il y a plus de fleurs et d’arbres fruitiers, symboles de la paix, de la fraternité, de la solidarité et de l’entente.

Je pense qu’il faut dire « stop » aux ingérences infantiles des politiciens « ratés » qui n’ont jamais brillés dans leurs positions concernant les Balkans, la question de la Kosovë, de l’Albanie, de l’Europe et des Albanais. Ils ont laissé de côté l’adhésion de l’Albanie en Europe, mais encore de l’indépendance de la Kosovë, la question de l’assistance des donations internationales ou d’autres donateurs, pour les retarder aux « calendres grecques ». C’est le temps que la Diaspora albanaise en Europe doit comprendre la puissance politique en Kosovë, ainsi qu’en Albanie, en faisant toujours plus, tout en laissant de côté les querelles du passé et actuelles afin que soit entendu la voix et la volonté du peuple qui ne veut plus que se reproduisent les tragédies du passé. Même si « de jure »,  nos pays et nos représentants ne font pas encore partie de l’Union Européenne de Bruxelles, comme la plupart de nos pays voisins et européens, où nos compatriotes y travaillent et donnent de leur aide. L’Albanie fait partie de l’Europe pensée pas Schuman, Jean Monet, Denis de Rougemont, Alfred Borel, Germaine de Staël et de nombreux d’autres. Avec une population de plus de trois cent quatre vingt milles habitants, l’Europe des vingt-sept qui à présent prend forme se voit doublée de ses habitants, en comparaison avec l’Europe d’il y a plus de trente ans. On peut encore la comparer à celle des six de 1958 qui ne possédait que cent soixante-sept mille habitants. Trois millions et demi  vivent en Albanie, les deux millions sur leur terre partie en Kosovë et les centaines de milliers qui vivent en Europe qui représente « L’Europe sans frontières », de laquelle parle François Perroux depuis 1954 qui correspond à l’Europe de l’individualisme, la liberté et de la démocratie. Concluons ce souhait, avec des paroles de Robert Schuman, de quelques décennies auparavant : « Nos frontières en Europe doivent de moins en moins devenir un obstacle dans l’échange des idées des individus et des biens. Le sentiment de solidarité des peuples va s’élever au dessus du nationalisme dépassé d’aujourd’hui ».

Naturellement, je ne peux pas faire de prévision pour l’Europe de Bruxelles et la direction qu’elle va prendre dans un avenir proche. Il y a des positions opposées entre les Etats , en ce qui concerne le conflit irakien. Ainsi que pour l’adhésion de nouveaux Etats membres à l’Union européenne,  comme les anciennes démocraties qui doivent exercer une politique d’alliance. Bruxelles aussi doit se montrer plus diligent et au lieu de faire des concessions au régime de Belgrade, elle ne doit plus s’attarder sur l’identité de l’Europe. Cette identité européenne s’affirme lors de contacts avec des cultures extra européennes, comme celle américaine ou argentine. Si vous avez la chance de participer à un séminaire international, comme j’ai eu la chance à Zinal, on pouvait constater une ressemblance entre un suisse, un allemand, un français, un espagnol un américain, et un bolivien.

Veuillez accepter mes excuses, vous, les politiciens et parlementaires qui ne partageaient pas mon point de vue, mais encore celui de la Diaspora sincère de Suisse, des Etats-Unis, du Canada, de la France, de l’Autriche, de l’Allemagne, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, de l’Argentine et tout les lieus ou doivent s’effacer de l’image sur la Kosovë, de l’Albanie, surtout l’étiquette que la presse donne, dont ce peuple porte comme « sauvage » et «rudes », puis qu’ils prennent exemple de la majorité des albanais et des amis de l’Albanie , qu’honore le monde civilisé : « « Mère Teresa » albanaise, Skanderbeg, Edit Durham, Fan Noli, Lord Byron, Liliane Perrin, Julien Emery, le musicologue Marcel Cellier, le linguiste Robert d’Angely, la doctoresse Solange d’Angely, l’écrivaine Anne-Lise Thurler, le professeur respectueux suisse Jean-Philippe Assal, l’ami de nombreux albanais médecins et professeurs respectueux, l’arvanitas Aristidh Kola, l’arbanas l’architecte de dizaines et dizaines de chef-d’œuvre à travers le monde, Franco Marussich, le nobélisé Ferid Murati, la cosmologue remarquable des albanais aux Etats-Unis, Laura Mersini, le soprano Inva Mula, les acteurs James et John Belushi, le ballet- maestro Angjelin Prejlocaj, l’actrice Eliza Dushku, l’économiste du Wall Street Richard Lukaj, le violoniste Tedi Papavrami, la réalisatrice Liri Begeja, l’astronaute William Gregory et de nombreux d’autres…

Nefail Maliqi: Vous avez édité une succession de livres bilingues, albanais français et vous avez aussi traduit des œuvres d’auteurs suisses. Pensez - vous continuer d’écrire en deux langues ?

Réponse : Il est vrai que j’ai édité quelques livres bilingues dans le but que mes jeunes compatriotes qui apprennent le français, surtout en Suisse romande, n’oublient pas leur langue maternelle. Puis, aussi pour le souhait de nombreux suisses qui veulent en savoir toujours plus sur la Kosovë, les régions aux alentours, l’Albanie et les Albanais en général. J’ai tout d’abord commencé en 1996 avec la publication d’un livre en albanais. J’ai traduis le livre « Le carrousel des rêves », de l’auteur suisse Marie-Luce Dayer, professeur dans un collège de Genève. Elle le souhaita puisqu’elle avait des élèves kosovars. A présent, nous sommes en train de préparer le livre intitulé « Sous les ailes de l’aigle ». J’ai aussi fait la traduction des autres contes de cet auteur en albanais. Je suis aussi en train de travailler sur le livre de Liliane Perrin : « Un Mari sans importance ». C’est l’histoire d’une suissesse qui se marie à un kosovar. Une belle histoire de cet écrivain qui ne vit plus. J’ai de même traduit un autre livre qui à été édité par la maison d’édition « Toena », bilingue, albanais français de la professeure suissesse Francine Koch : « L’enfant albanais aux yeux noirs » ; là son ses impressions lors de ses voyages en collaboration avec les albanais. J’ai aussi traduit en français le livre du professeur Bedri Dedja : « Les contes de la Suisse », un de ses beaux souvenirs avant qu’il s’éloigne de cette vie. Cependant, j’ai aussi traduit de l’anglais le livre : « Le conflit de la Kosovë, les conséquences pour l’environnement et les établissements humains ». Dernièrement, j’ai traduis en Albanais, un ouvrage de la psychologue  Anne Lacroix et du professeur en médecine, Jean-Philippe Assal, de l’initiateur de l’éducation thérapeutique des patients : « L’Education thérapeutique des patients ». Ainsi que le livre : « Comment gérer son diabète ? », du professeur Alain Golay.

Nefail Maliqi: Revenons précisément au livre : « Le conflit de la Kosovë, les conséquences pour l’environnement et les Etablissements humains ». Que contient-il et comment a-t-il été attendu ?

Réponse : Le livre comprend une analyse complète du conflit de la Kosovë et les nombreux dommages subis par la population martyre. Ainsi que des déportations contraintes aux habitants de la Kosovë de leur terre patrie, des destructions massives de leurs habitats et des massacres commises par l’occupant serbe. C’est aussi un acte d’accusation pour le régime minable de Milosevic qui provoqua une guerre inutile, ainsi que pour le manque des conditions favorables pour un meilleur environnement de la Kosovë, mais aussi dans les autres régions de l’ex-Yougoslavie. Le livre comprend aussi un dictionnaire. Il m’a fallu beaucoup de travail, plus de trois semaines, avec les ébauches qui me venaient en anglais et dont le contenu changeait d’un jour à l’autre, selon les changements des auteurs et cela afin de donner une vision plus claire de la situation de misère de la Kosovë comme conséquence de la guerre. Souvent, il me fallait réfléchir beaucoup pour trouver les mots adéquats en albanais, puisque je n’avais pas le droit de consulter mes collègues traducteurs. Ma nièce Daniela Biba, mon ami de la faculté Agron Agalliu, mon fils Gent, ainsi que ma douce femme, Roza, la traductrice, m’ont aidé dans la réalisation de ce livre volumineux.

Nefail Maliqi: Dans votre livre: « Refléxion pour les albanais, l’Europe et les Nations-Unies » au début, vous parlez de votre vie diplomatique, ainsi qu’en tant que fonctionnaire international. Comment avez-vous tenus vos notes ?

Réponse : Depuis mon jeune âge je tiens un journal de notes. J’ai publié mon premier conte dans le journal « La voix de la jeunesse » en 1965. Mon cher professeur de lettres, Dragush Çabej apprécia beaucoup ma rédaction : « La copine de mon banc d’école », puis l’envoya au journal pour le publier. Même si j’avais déjà publié de littérature pour les enfants, la publication de mon conte m’a poussé à tenir un journal intime. J’écrivais surtout les bons moments de l’école secondaire, lorsque nos amitiés étaient sincères. « La copine de mon banc d’école », c’est une histoire  vraie. Elle était une fille parfaite qui me soutenait dans chaque pas de ma vie d’auparavant. C’était tout simplement une amitié avec elle et malheureusement, je ne sais pas où elle se trouve maintenant. Depuis lors plus de quarante ans sont passés. Le chemin de la vie nous a séparé et de nombreux amis se sont éparpiller dans le monde : à Las Vegas, en Floride, à New Jersey, à  New York, à Paris, à Vienne, au Kosovë, à Stockholm, à Athènes etc. Cependant, je garde contact avec une partie d’entre eux.

Nefail Maliqi: Qui vous pousse à écrire ?

Réponse : Premièrement, je suis l’enfant d’un journaliste. Mon défunt père, Tuni Papuçiu qui décéda en 1975, à Shkodër, à l’âge de cinquante trois ans,  était journaliste depuis le temps de la Lutte de Libération. Il tenait le journal « Le sentiment des jeunes » à Vlorë en 1943, en collaboration avec l’écrivain respectueux, Jakov Xoxa , du roman » Le fleuve mort », un chef d’œuvre de style, des histoires décrites pour des habitants et venus de la Kosovë à Myzeqe, ainsi que pour la langue albanaise pure, utilisée par lui. Mon père était ami avec Jakov Xoxa, habitants de la même ville. J’avais aussi souvent rencontré ce défunt Jakov, lorsqu’ il restait à Apollonia pour écrire son roman, mais aussi lors de son hospitalisation, surtout de ses derniers jours, lorsqu’il se soignait dans le pavillon numéro douze, de l’hôpital de Tirana. Nous parlions de littérature et de notre Fieri bien aimé, avec de simples personnes gentilles, accueillants, pour les citoyens d’Argirokastra, mais aussi des autres lieux de notre pays et de la Kosovë. Après la libération de notre pays en 1944, mon père est devenu le premier rédacteur en chef du « Sport » en Albanie. En 1946, lui avec Anton Mazreku et d’autres organisèrent : «  La Balkaniade ». Le journaliste sportif connu Besnik Dizdari parla dans un de ses derniers articles du Tuni, en tant que vétéran du sport. De même, une rue à Fieri porte maintenant le nom de mon père, où il y a de nombreux frères kosovars installés depuis des années. Là, le patriote de la Kosovë a été remarquable, Tafil Boletini, un proche de Isa Boletini, ainsi que de mon ami Enis Boletini et Nusret Telqiu.  Tafil à protégé mon grand-père pour l’ouverture d’un magasin puisque ce dernier avait cinq filles et un fils à nourrir.

Nefail Maliqi: Votre livre: « Réflexions pour les Albanais, l’Europe et les Nations-Unies » contient plus d’une centaine de pages de votre journal intime. Que pouvez- vous dire au lecteur du journal ?

Réponse : Ce journal intime à été écrit il y plus de dix, vingt, trente années auparavant. Maintenant, avec les années passées, j’approche les soixante et un an, les souvenirs défilent plus vite que le temps. Souvent, je me suis référé à celui-ci, je ressentais une joie, mais aussi des angoisses lorsque les choses ne s’étaient pas déroulées comme il se doit. J’ai présenté au lecteur dans ce livre seulement une petite partie de mon journal intime, puisque ces notes n’ont rien de particulier. Ce sont les souvenirs d’un simple citoyen qui a eu la chance, comme auraient pu avoir ses compatriotes, à l’Assemblée Générale des Nations-Unies à New-York, mais encore dans d’autres conférences internationales, pour le désarment, les problèmes sociaux économiques, politiques, des droits de l’Homme, le droit de la femme, des syndicats etc. Celles-ci se déroulaient surtout à Genève, à New York, Bâle, Paris, Vienne, Nairobi, Caire, Limassol, Budapest, Dubaï, Grèce, en Albanie et ailleurs. Je ne pense pas que ces pages vont intéresser beaucoup de personnes. Je les ai surtout écrits pour ma fille et mon fils, Nausika et Gent,  auquels je souhaite laisser un testament moral très sincère. En lisant ces lignes, ils vont comprendre que ma vie n’a pas été facile, mais au contraire pleine de sacrifices et il m’a fallu avaler des choses, en vertu de leur avenir. Je ne suis jamais incliner à quelqu’un qui se montrait mesquin et non humain envers moi. J’ai laisser Dieu juger le « Diable », je demande aussi cela à ceux à qu’ il essaye de faire du mal ou qui lance des pierres, en cachant sa main puisqu’il éparpille des „papiers“ comme un cachetier et qui s’introduit dans les appartement des compatriotes sans être invité, sans songer que lui aussi un jour va finir au cimetière de Sharra, Shtish-Tufina, de Genève, de Paris, de Vienne, de New-York, de Tampa ou ailleurs ou il vit encore dans le monde moderne. Un homme qui a enlacé le chemin de l’intrigue, même pour quelques instants, il lui est difficile de s’en éloigner ; toute autre manière de vivre pour lui est sans raison… Avant tout, j’ai eu et j’ai de nombreux amis ici en Suisse, mais aussi en Kosovë, en Albanie, au Canada, en Grèce, à Chypres, en Turquie, en Italie, en France, en Autriche et jusqu’en Argentine. Avec eux j’échange des messages qui me réchauffent le cœur et me donnent le courage de vivre encore un peu. Surtout pour le bien de personnes qui me sont les plus chères. Je répète que j’ai beaucoup hésité avant d’éditer cette partie de mon livre. Mais, un de mes amis a réussi à me convaincre que même s’il s’avérait que mes écrits étaient mal rédigés, ils pouvaient contenir une véritable lumière, dont la nouvelle génération, comme mes enfants ou les enfants de mes amis peuvent au moins les valoriser. C’est pourquoi, je me suis permis ce luxe pour retourner, peut-être, pour la dernière fois à mon parcours de vie et mes œuvres modestes. Ecrire est une façon de parler sans que personne ne t’interrompe lorsque tu exprimes tes pensées.

Nefail Maliqi: Dans votre journal intime vous parlez de votre participation à l’Assemblée générale de l’ONU à New York et à Genève, puisque vous y vivez. Pouvez vous nous décrire ce qui vous à le plus marqué durant ces années ?

Réponse : Ma participation à l’Assemblée générale de l’ONU à New York me donna des possibilités sur deux plans. Premièrement, c’était une excellente école pour les diplomates,  même si je vivais dans un Etat démocratique. Souvent, je m’asseyais dans le café de l’ONU qui se trouve en face de la rivière et je voyais passer les bateaux, puis des hélicoptères qui semblaient décoller non loin de là. Pour décrire New York et sa grandeur, il faudrait des pages et des pages. Toutefois, nos descendants pourront s’y rendre librement dans ces lieus de liberté et de véritables démocraties. Je ne peux pas dire qu’ici tout est parfait, mais je respire librement. J’ai remarque cela là-bas. Toutes les délégations, y compris aussi nos voisins, les Algériens, à l’endroit où ils prenaient place en raison de l’alphabet, étaient en plus grand nombre que nous. Souvent, ils envoyaient leurs nouveaux diplomates à New York pour qu’ils apprennent. L’ONU pour eux est une école de diplomatie. La vérité est ainsi. Grâce aux nombreuses rencontres avec les autres délégations, on apprend énormément de choses qui souvent ne sont pas transmises par la presse. Il va de même pour la solution des problèmes incommodés par le temps. De nombreux diplomates formés à l’ONU son devenus plus tard des hommes d’Etats, des ministres d’affaires étrangères de leurs pays. J’en ai aussi appris plus en ce qui concerne les relations de notre Etat avec ses voisins et aussi pour la Kosovë. Souvent, ces discussions sortent du cadre de la presse. J’ai eu la chance que le journalisme m’ait aidé afin de construire le plus précisément et véridiquement les événements du temps. Le soir, fréquemment nous nous rassemblions afin de boire un verre après une dure journée. Souvent, en fin de semaine, nos frères Kosovars ou albanais du Monténégro ou de la Macédoine nous invitaient. Nous passions du bon temps avec eux, en discutant des tourments de nos compatriotes, de leurs souhaits pour que leurs enfants qui vivent au sein d’un milieu américain parlent albanais. Ils ont ouvert l’école albanaise là-bas. C’était joyeux, lorsque nous nous rassemblions pour la Fête Nationale et veillions jusqu’à tard. Toutefois, à New York j’ai un souvenir qui m’a marqué : d’une femme qui ressemblait à une albanaise au réz-de chaussé des Nations Unies. Je me suis approché et je lui ai parlé en albanais. Elle resta stupéfaite. Elle me demanda « d’où venez-vous ? « Je lui ai répondu. Elle me dit qu’elle venait du nord de l’Albanie, mais que lorsque les frontières furent bloquées, elle était restée dans les régions de l’ancienne Yougoslavie. Elle devrait avoir son frère toujours là-bas au nord de l’Albanie, mais elle n’avait plus de ses nouvelles. J’ai ressenti de la douleur pour elle, puisqu’elle avait aussi une fille qui avait disparue et donc elle ignorait où elle se trouvait. Elle nettoyait tous les soirs les couloirs de l’ONU. Je n’ai plus jamais revue cette femme qui était calme, mais trop traumatisée.

A New York, il y a vraiment des magnifiques restaurants et une partie d’entre eux sont la propriété des Albanais qui  y se sont installés, il y a des années, comme Shyqyri Selimaj ou Bruno comme on le surnommait qui possède un restaurant sur la cinquante neuvième avenue. Il nous invitait pour dîner. Autour de lui, il a un personnel composé surtout avec les gens de sa famille. Il avait tout d’abord pour habitude de nous faire asseoir autour du bar, puis à table. Son restaurant était toujours plein de personnes qui réservaient bien à l’avance. Bruno travaillait de neuf heures du matin jusqu’à tard dans la nuit, habituellement une heure du matin, afin d’entretenir sa famille. C’est un travail dur, mais qui le rend heureux. Ainsi avec son « chic » costume et un sourire, il t’inspirait un respect particulier. Je me sentais comme chez moi, quand j’étais chez Shyqyri, Gjyste et Gjergj Kalaj, chez les Bytyçi de la Kosovë, chez le vieux Paparisto, Petro Papanikolla, oncle Hulusi Kavo, dans la famille Selaj de la grande Dibër, chez Bardhyl Pustina et de nombreux d’autres qui nous invitaient une fois sur l’autre. Nous assouvissions la nostalgie de notre pays, puisque nombreux d’entre eux n’ont pas vu leurs proches depuis quelques temps. Tous, ils gardaient le drapeau national, ainsi qu’une petite bibliothèque de livres albanais. Agim, un kosovar, nous apportait souvent des vidéos de films ou de musique albanaise qu’il préparait lui-même. Il y avait de nombreux albanais admirables et humains en Amérique. Quelques uns d’entre eux ne sont plus des nôtres, pour lesquels on n’a jamais entendu parler et dont on ne parlera probablement jamais. Comme sont ceux qui vivent, pour ceux dont on parle plus et dont on ne parlera jamais. Ils sont des milliers en Amérique et chacun d’entre eux à mal au cœur et vit avec le rythme de la terre patrie.

Nefail Maliqi: Parlez nous un peu de votre vie à Genève?

Réponse : En septembre 1987, je suis arrivé à Genève, le lieu où se trouve l’Office des Nations Unies pour l’Europe. J’avais eu la chance, même auparavant, de venir dans cette jolie ville accueillante, puisque j’ai participé aux séances de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Europe, mais aussi pour poursuivre les projets du programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) avec l’Albanie. Là, il y a un grand champs de problèmes qu’il faut résoudre, en commençant par la question économique, politique, sociale, de l’énergie, du commerce du développement, de la télécommunication, de la santé, le problème du désarmement, des droits de l’homme etc. Dans le bâtiment des Nations Unies à Genève, se sont déroulé de longues discussions qui ont apporté comme résultat la solution de nombreux conflits rudes, dans de nombreux endroits et régions du monde. Il y a aussi eu de longues discussions pour la Kosovë martyre.

J’ai exprimé le souhait qu’un symbole de l’Albanie ou de la Kosovë, un joli tableau avec un beau paysage, avec une vue de nos pays, soit exposé et gardé aux Nations Unies et aussi des autres pays membres. Mais, jusqu’à présent, je ne sais pas s’il y a eu un résultat dans cette direction. Toutefois, Genève est un terrain concret où l’on peut faire plus que dans n’importe quel endroit pour retirer les fonds des différents programmes des Nations Unies, mais encore de la participation de spécialistes de la Kosovë et de l’Albanie à un séminaire intéressant. Il y a moins des employés de la Kosovë et de l’Albanie qui travaillent durant une longue période pour les Nations Unies, avec pour référence Genève. L’ouverture d’un tel chemin apportera de nombreuses belles choses, puisque l’acceptation directe, donne les moyens de créer des conditions favorables pour le retrait de fonds indispensables pour le développement du pays.

J’ai aussi un autre beau souvenir de l’année 1989. Je me trouvais à Bâle où a été approuvée la Convention en ce qui concerne le contrôle entre les frontières des déchets dangereux. La Convention n’était pas seulement un instrument de contrôle du déplacement entre les frontières des déchets  dangereux, mais aussi pour une administration sûre de ces déchets. Elle à été rédigée par le programme des Nations Unies pour l’Environnement, en collaboration avec la communauté internationale afin d’assurer la protection de la santé et de l’environnement des effets nocifs, causés par l’exposition des déchets dangereux. Indirectement, c’était aussi le problème des saletés en ex-Yougoslavie. La Suisse a été très active durant cette conférence. Le ministre des affaires étrangères suisse Flavio Cotti  me remercia pour notre position, puis il m’offrit un tableau symbolique. En fait, j’attendais de Tirana une réponse en relation avec l’Assemblée et la position qu’il fallait tenir. Il semble que les employés qui travaillent sur cette question au Ministère des Affaires Etrangères sont préoccupés par d’autres engagements. Cela s’était aussi produit d’autres fois. Ensuite j’ai compris l’importance de cette réunion et avant tout puisqu’on recherchait une collaboration d’un pays ami de l’Albanie comme la Suisse qui a accueillit à bras ouverts des dizaines de milliers d’albanais. Je me souviens que de nos voisins de l’ex-Yougoslavie, n’ont pas fait partie de la Convention.

Nefail Maliqi: Avez-vous déjà eu « un incident » avec un journaliste durant la période durant laquelle vous travaillez en tant que représentant de l’Albanie à Genève auprès des  Nations Unies ? Pouvez- vous nous parler ce fait ?

Réponse : Oui ! En 1990, le “Journal de Genève” édita un de mes écrits qui mentionnait ma position sur la séparation de la Kosovë. Lorsqu’il se rendit au bureau des journalistes de la presse, un journaliste étranger dit à son collègue: « un représentant albanais n’a pas le droit de parler de sa position de la Kosovë au sein des Nations Unies ». Je l’ai bien regardé dans les yeux et je me suis adressé à lui : « Monsieur, vous n’avez pas compris mes écrits » ! Il s’agit d’un résumé d’un article de journal en lien avec ma position d’albanais pour les événements en Kosovë. Je n’ai pas du tout parlé devant la place des Nations Unies, mais j’ai exprimé mon avis, en tant que membre ayant des droits égaux dans cette Nation d’Etats pour les massacres et les arrestations du peuple Kosovars. Vous aurez fait de même en tant que journaliste de votre pays, si la dignité de vos compatriotes est lésée. J’ai aperçu qu’il n’a plus parlé et qu’il est devenu tout rouge. Plus tard, lorsque je le voyais dans les couloirs il tentait de me saluer amicalement.

En 1990, il y eu une représentation majestueuse au “Noga Hilton” à Genève des danseurs et des chanteurs albanais. L’organisateur de cet événement était Imer Cacaj, un patriote intellectuel, un homme respectueux.  Les chansons et les danses furent très appréciées. De nombreux albanais étaient venus d’autres régions de la Suisse ainsi que de l’Allemagne, de la France etc. Il y avait aussi des diplomates et des fonctionnaires des Nations Unies. La salle s’élevait des acclamations des personnes présentes. J’ai vu le fonctionnaire haut placé de cette organisation internationale avec qui j’étais en visite, même en Albanie, qui devint tout rouge, lors qu’après chaque chanson les acclamations de la salle « Kosova Republikë » (Kosovë République). Dans la seconde partie, je lui ai proposé, afin de ne pas le mettre dans une situation embarrassante, de s’en aller s’il le souhaitait. Mais en souriant il me dit: “Alfred, reste calme, puisqu’il s’agit des sentiments d’un peuple plein de souffrance et à la fois fier ».

Nefail Maliqi: Que pouvez vous nous dire sur les amis suisses des albanais?

Lorsque j’ai commencé mon travail comme fonctionnaire indépendant, à L’Office des Nations Unies à Genève en août 1991, un professeur respectueux de médecine que j’avais connu auparavant,  me donna les clefs de sa villa et m’a dit que durant ses vacances, de plus d’un mois, je pouvais aller habiter chez lui, avec ma famille. Je n’étais pas encore installé dans un appartement, mais je n’étais pas très enthousiaste de cette proposition. Il trouva le moyen de me convaincre. Je traversais  tous les jours la ville, à vélo, pour me rendre au travail. C’est une joie exceptionnelle que d’habiter dans un lieu aussi beau et propre. Là j’ai lu beaucoup de livres intéressants, dans une bibliothèque riche, le soir lorsque nous restions dans la véranda de la maison du professeur. Le samedi et le dimanche j’avais envie de faire du jardinage. Près de là coulait une rivière et le Salève n’était pas loin. Le voisin du professeur, un banquier et sa femme nous invitèrent pour un dîner et nous discutions souvent amicalement. J’ai aussi des bons souvenirs avec Marcel Cellier, un musicologue suisse qui a gagné un Oscar pour ses CD de musique populaire. Il n’y a pas très longtemps qu’il a eu quatre-vingts ans. Cet homme est accueilli avec respect dans certains lieux des Balkans et qui à réalisé avec succès des émissions pour la musique populaire albanaise à la Radio suisse romande. J’ai aussi des souvenirs remarquables du médecin, professeur Jean-Philippe Assal, de l’écrivaine Marie-Luce Dayer, avec laquelle nous avons édité ses livres ; puis en plus de l’aide qu’elle m’a donné pour la publication de mes livres, nous avions organisé un après-midi littéraire à la Bibliothèque interculturelle de la Croix- Rouge genevoise pour les Albanais. J’ai aussi d’autres bons amis comme le journaliste Pierre Barde, le fonctionnaire des organisations internationales Jean-Michel Servais, Helène Chassaing avec laquelle j’ai travaillé de nombreuses années au BIT, encore des suisses et d’autres nationalités qui travaillent à Genève. J’ai aussi de bons amis albanais qui vivent ici, aux Etats-Unis, en Suède, en France, en Grèce, Canada, en Allemagne, en Italie etc.

Nefail Maliqi: Vous avez aussi beaucoup écrit sur la Thalassémie. Qu’est qui vous à pousser à faire cela ?

Réponse: Je suis membre associé de la Fédération Internationale de la Thalassémie (TIF). J’ai des liens étroits avec Cooley’s Anemia Foundation, à New York. Récemment, dans le cadre de la Fondation Suisse des maladies chroniques « REFM », nous avons créé une branche pour la Thalassémie. Il s’agit d’une maladie génétique répandue en Italie, en France, en Albanie, au Kosovë, en Grèce, à Chypres, dans les pays arabes, en Asie, aux Etats-Unis et au Canada, comme conséquence des nombreuses migrations. La Fédération Internationale de la Thalassémie qui à son siège à Nicosie, à Chypres, fait un grand travail concernant le diagnostique et la répandue des nouvelles découvertes pour cette maladie qu’elles aillent dans les centres médicaux principaux, tout comme dans les villages et les lieux où il n’y a pas de centres spécialisés. Nonante et un Etats, avec leurs associations font partie de cette Fédération qui comprends des scientifiques et des simples individus, des médecins européens ou mondiaux, ainsi que des médecins de l’Albanie. Elle organise les séminaires et à un programme étendu sur l’éducation médicale qui commence par une consultation génétique et un diagnostique prénatal et pour ainsi donner des informations médicales complètes aux familles, pour les aider à avoir des enfants en pleine santé. Cependant, de temps à autre, FIT donne des informations précieuses, liées au traitement clinique adéquat à cette maladie. Maintenant, il y a un livre édité en albanais : « A propos de la Thalassémie » écrit par la directrice scientifique du TFI, Dr. Androulla Eleftheriou. Le livre est un guide apprécié pour les patients Thalassémiques, ainsi que pour le personnel soignant.

Après la conférence de Limassol à Chypres, le 27-28 mars 2004, avec comme titre : « Des progrès dans le diagnostique et le traitement de la Thalassémie», organisé par la Fédération Internationale de la Thalassémie et la conférence mondiale de la Thalassémie, à partir du 7 au 10 mai 2006 à Dubaï,  il y a beaucoup de bonnes nouvelles, en relation avec les soins modernes de cette maladie. L’information des familles qui ont  un gène de cette maladie, un dépistage de la famille ou des consultations médicales quotidiennes ou des consultations avant l’accouchement, apportent des moyens pour éliminer cette maladie chez les enfants à venir. Le diagnostique des parents est primordial, celle-ci à été réalisé pour la première fois, en 1970.

Nous sommes aussi en train d’achever un programme d’une durée de trois ans, afin d’aider avec des équipements, l’organisation des séminaires et des publications pour les nouveau-nés, les adolescents, les adultes et le corps médical en Albanie. Nous allons aussi apporter notre aide en Kosovë. Nous avons des relations quotidienne avec : „Albanian Children Foundation“, avec l’association albanaise des Thalassémiques et avec l’association France Thalassémie et des maladies d’Hémoglobinopathies, en France. Nous souhaitons qu’au début du mois de mai d’envoyer nos premières aides en Albanie, 15 postes de TV et 15 DVD qui seront acheminés, grâce à Albanian Children Foundation, présidée par la doctoresse Liri Berisha, dans quelques hôpitaux de l’Albanie.
 
 Prendre en main sa maladie, cela  s’apprend, dit le professeur suisse respectueux, Zhan Filip Assal (Jean-Philippe Assal). En tant que créateur en Europe de la première  unité des soins médicaux et de l’étude du diabète, il est ensuite devenu pionner de l’enseignement thérapeutique. Directeur d’un centre de collaboration de l’OMS et Président d’une fondation prestigieuse, il donne son aide expérimenté, en aidant les patients de part le monde et le corps médical. Voilà comme le ressent le professeur Assal : « Il faut apprendre à un patient qui souffre d’une maladie chronique qu’il prenne en charge sa maladie, qu’il s’aide à vivre au mieux avec celle-ci ».

La Fédération Internationale de la Thalassémie est très intéressée à trouver un chemin efficace, afin d’aider l’Albanie aussi en lien avec le diagnostique de la maladie possible chez les patients et pour les soins cliniques les plus modernes non seulement dans les villes, mais où se déclare cette maladie du siècle dans ses formes mineures ou majeures. La Diaspora albanaise tout comme une fondation prestigieuse on fait leur premiers pas, afin d’aider à l’introduction de la technique moderne dans les zones de l’Albanie ou ils n’ont toujours pas de matériels essentiels pour le dépistage  de cette maladie et pour les soins cliniques adéquats pour les enfants et les adultes. Espérons que les hommes d’affaires albanais, tout comme les citoyens en Albanie et dans la Diaspora, à travers ce message, donneront leur aide pour l’association de la Thalassémie ainsi que pour les institutions et le corps médical qui s’occupe tous les jours de rendre la vie meilleurs à des milliers de patients qui sont atteints de cette maladie génétique.
                        
Avril 2008

Publié dans le livre « Avec le cœur net » (Alor), bilingue Albanais-Français, 2008, Genève


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