Alfred Papuçiu: L’Etoile du berger
| E Hene, 27.04.2009, 03:33 PM |

Conte

L’Etoile du  berger

Alfred Papuçiu

Les nuages ont commencé à descendre des montagnes. Ils sont allés vers l’ouest et se sont fondus dans les couloirs des saules où fait paître le bétail, en laissant des bêlements joyeux. 
Un vent fulgurant a commencé de souffler et le ciel est devenu noir. Il paraissait qu’une grande averse allait fêler. Et en fait, une pluie fine de courte durée a commencé de pleuvoir, ensuite elle était plus forte. 
Le jeune berger, un garçon  au corps élancé, avec des guiches tombées sur son front et avec des joues potelées, était inquiet. Il a tiré encore une fois sur la cigarette et ensuite l’a jetée sur l’herbe épanouie. Il a mis le livre et son pipeau profondément dans sa poitrine.   
Sur ses pommettes et du cou au dos ont coulé des ruisseaux de pluie. Il a mis le hoqueton sur ses épaules et a serré le capuchon sur la tête. Il a jeté son regard autour de lui. Des montagnes descendaient de grands ruisseaux sur la prairie verte. Le ruisseau qui passait tout près s’est vite rempli.  
“ Le ruisseau est devenu terrible. Je dois diriger le bétail dans un sentier. On ne peut pas croire à ce temps ”- a dit il en sourdine.   
Le chien restait immobile. Le bétail était dirigé vers le berger et l’avait encerclé. Même les petits agnelets qui peu de temps avant  sautaient et bondaient comme des petits enfants quand ils sortent dans les plaines, maintenant se cachaient  chez les brebis qui avaient une apparence  morose. Leur laine qui d’habitude brille comme si elle était oindre avec de l’huile, était enroulée, parce qu’elle était mouillée. 
La pluie est devenue plus torrentielle. On ne voyait aucun pas plus loin.  
Le berger a poussé les brebis avant, il a marché entre les noiseraies d’où de tous les côtés soufflait le vent impétueux. Il pensait en sourdine : “ Oh, diable ! Aujourd’hui je devais garder le bétail près de la bergerie. Pourtant, personne ne sait les caprices de ce temps. Le matin, le temps s’était éclairci ”.  
Il se rappelait quand il s’était levé, le moment où l’étoile du matin était à peine sortie et il avait poussé le bétail vers le pâturage. De ce côté du ruisseau, le pâturage était mieux que de l’autre côté. Même son père lui disait toujours : “ Amène le bétail à de bons pâturages. L’herbe est comme un médicament pour lui ”.  
En même temps, du ruisseau et des saules venait une odeur fraîche qui te réjouis. Les agnelets étaient très contents le matin ! Ils sautaient comme les enfants à la cour du jardin d’enfant. Lui même, assis au pied d’un arbre, jouait avec son pipeau une mélodie joyeuse, il était content quand il voyait cette vue magnifique et il se souvenait des paroles de Naim Frashëri : “ Dans les plaines et les collines sont dispersés les agneaux… ”
Les muscles du visage lui ont commencé à bouger. L’éclair a éclaté et les arbres ont commencé à bouger avec force, à cause du vent  qui fouettait.  
Petit à petit la nuit tomba. Tout est devenu noir. Lipe, avec la houlette dans la main s’efforçait d’éloigner le bétail du bord du ruisseau. Il savait qu’il ne pouvait être maîtrisable. “ Le mal est fait pendant le moment que tu frottes les yeux ”- disait-il souvent. Il ne fallait pas qu’un agneau parte, parce qu’après il ne pouvait pas tenir les autres. Tous pouvaient sauter l’un après l’autre et il pouvait restait avec sa houlette dans la main. Le bétail était la richesse de ses compatriotes qui lui avait laissé pour prendre soin. Qu’est ce qu’ils diraient si une seule brebis perdait ? Eux, ils avaient toujours exprimé leur confiance en lui, pour la sollicitude qu’il affichait. Les brebis de son troupeau avaient tous produit et donnaient beaucoup de lait. Il était jeune, mais de ceux qui avait les petits côtés du bétail dès qu’il était petit. Jamais il n’avait rougit son visage. Et maintenant il ne voulait pas rougir. 
Son corps sentait la fraîcheur de la terre. L’herbe bruitait sous ses jambes. Le vent, mêlé avec la pluie, battait son visage calciné par le soleil.  
Les fils électriques qui étaient à peine installés sur les poteaux, ne se distinguaient plus. Seulement quand ça brillait, il les distinguait. Après, son regard allait chez les saules, l’herbe mouillée et le ruisseau. Le ruisseau coulait impétueusement et avait commencé à raviner ses bords. -  Je ne peux pas trouver un gué, parce que le ruisseau arrive au-dessus des bords ”- a pensé Lipe. “ Je dois me diriger vers le petit pont. Mais comment on peut le trouver quand il faisait comme une nuit noire. Est ce que je l’ai laissé derrière ? Et s’il était déjà tombé ? ”- il avait ces pensées dans la tête quand il tirait le bétail autour de lui. Il lui paraissait comme si pour la première fois il se trouvait dans un chemin sans issue.    
La pluie continuait à pleuvoir. Il faisait froid. Le bétail tremblait. Surtout les agnelets qui n’étaient pas encore habitués. Lipe les voyait et cela lui faisait mal au cœur. Il lui paraissait comme s’il avait devant lui son petit fils, Nasi qu’il aimait beaucoup. En fait pour lui, il était tranquille. Nasi était à la maison, peut-être en lisant une revue “ Fatosi ”, ou en jouant avec des jeux dans la chambre chaude.  
Tandis que les agnelets essaient de se chauffer dans le corps de leur mère, mais il ne pouvait pas.     
Lipe s’est approché d’eux et a commencé à les caresser pour les encourager.  
Il a jeté encore une fois son regard vers le ruisseau furieux. Ses yeux noirâtres sont devenus plus sévères. Il l’avait passé même quand il a gelé. Maintenant il était devenu furieux et cela l’embêtait. Il ne pouvait pas faire passer le bétail. Pourtant, le ruisseau avait ses bons côtés à ce moment. Le village avait construit un petit barrage. 
Tout d’un coup son chien écoute de toutes ses oreilles, minaude son queue et  commence à hurler comme s’il voulait pleurer. Ensuite, il ne s’est plus retenu, il s’est jeté là où on voyait un ombre et a commencé à se colleter avec lui. 
Les brebis se sont pliées l’un près de l’autre. 
“ Le loup- a dit en sourdine Lipe, et il est allé vers le chien. “  Il pourra attaquer le bétail, le malheureux comme des pierres. Mais non, Lipe ne te laisse pas de faire comme tu veux ”.  Le chien avait  enfoncé ses dents à la nuque du fauve et ne le laissait pas. Le loup s’ébrouait enragé et s’efforçait de se détacher.
D’une manière fulgurante Lipe a jeté le hoqueton sur le loup et lui est tombé dessus, ensuite tout d’un coup il a sorti le couteau et l’a poignardé deux ou trois fois sur le hoqueton.  
Un fort hurlement a été entendu et le loup s’est écroulé par terre. 
- Je t’ai eu- a crié Lipe. – Lipe ne perd pas la face facilement, il est un vieux dur à cuire.
- Il lui a tiré encore une fois avec une pierre dans la tête, l’a pris par les pattes et l’a traîné.
La pluie continuait à tomber et avait coulé dans la nuque du berger. 
“ Sans ne fait rien, dès que j’arriverai chez moi, je vais me changer ”-a dit t-il en sourdine. Ensuite en tournant la tête vers le loup qu’il le tirait derrière, a dit lentement : “ Ce n’est pas pour rien qu’on dit que le loup est né pour pratiquer la rapine, mais aussi pour rapiner ”.  
Il a hoché la tête et a sourit. Balo qui restait tout près, a minaudé et a léché la langue. Lipe l’a caressé.   
Ensuite il s’est approché des brebis, les a encouragé et les a poussé avant. Il avait appris leur langue. Il n’avait plus peur qu’ils allaient partir. Maintenant, il fallait qu’il trouve le pont…   

     x x x   

De loin Lipe a remarqué briller des lumières. Après il a entendu des aboiements de chiens et des voix des hommes. Lipe a tendu l’oreille à ces bruits qui devenaient de plus en plus près. Ses doigts âpres qui tiraient  la corde, avec laquelle il avait lié le loup, ont commencé à devenir plus énergiques. Il a senti que sa poitrine était plus calme. 
“ Est ce que ce sont les copains ?! ” 
Son visage est devenu souriant quand les autres bergers se sont approchés avec des lanternes dans les mains. A ces moments, il voulait tous les embrasser. Des hommes avec un caractère solide. -Lipe, Lipe ! Où était tu ? Où était tu perdu ? – a dit l’oncle Trifon, le plus vieux berger et il a haussé la lanterne pour mieux regarder Lipe. – Et celui-là c’est quoi, une brebis ? Brave, c’est un loup. Comme je vois tu as eu des problèmes, aimable garçon. Mais tu l’a eu ”. 
Et il l’a embrassé. 
- Je vous ai dit ? On ne peut pas battre facilement Lipe. Prenez-lui le loup, parce qu’il est fatigué. 
- Non, oncle Trifon, je ne sens pas la fatigue – a répondu Lipe en souriant. Il était devenu plus vivant dans son visage et avait oublié la fatigue. 
- Venez, mes enfants ! Emmenez le bétail vers le pont ! Nous buvons un peu ce soir, pour fêter cet événement.  
Après, l’oncle Trifon s’est approché de Lipe et lui a mis la main autour de son cou. Le bétail a suivi le chemin vers le pont. Les chiens continuaient à aboyer, comme ci ils voulaient répandre la bonne nouvelle. Le chemin était devenu lumineux par les lanternes. Après un moment on a remarqué les lumières du village.  



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