Alfred Papuçiu: Réflexions sur l’académicien Bedri Dedja
| E Hene, 13.04.2009, 08:05 AM |

Bedri Dedja
Bedri Dedja
Réflexions sur l’académicien Bedri Dedja

Alfred Papuçiu

Bedri Dedja nous a quittés le matin du 13 avril 2004, et personne n’avait pas prévu son départ douloureux. Il est parti sans demander quelque chose, heureux mais aussi blessé dans son âme, parce qu’un jour avant il avait accompagné dans sa dernière demeure à Gjakova, l’inoubliable Qazim Bytyçi, le père d’Ilir.

Le professeur Bedri est né à Korça, le 20 novembre 1930. Dans ses souvenirs « l’oncle » Bedri, comme nous étions habitués de l’appeler même dernièrement, racontait que le 31 mars 1931, quand Mihal Grameno serait enterré, à Korça il y a eu un puissant tremblement de terre. Une mère macédonienne, une vieille dame voisine, était venue et avait mis son corps au-dessus du berceau du petit Bedri pour lui sauver la vie des morceaux qui tombaient du toit. Lui regrettait toujours qu’il ne savait pas où se trouvait le tombeau de cette vieille dame de grand cœur et la maison où il était né pour pouvoir mettre deux bouquets de fleurs, un bouquet dans la maison et l’autre dans le tombeau. Pour son père, il avait entendu parler qu’il était le garçon le plus intelligent et le plus brave du village et qu’il était mort quand son fils avait une année. Des souvenirs de sa mère et de ses copains, il avait appris que son père était courageux, patriote et il lisait aussi des livres en langues étrangères. La mère de Bedri était d’une famille modeste de Durrës d’origine d’Ulqinaku.

Je connais l’académicien et le professeur Bedri Dedja depuis de nombreuses années. Je me rappelle que quand j’étais petit, il m’a ramené d’un de ses voyages de Moscou, un album avec des timbres rares russes du siècle passé et des années ultérieures, parce qu’il savait que j’étais un philatéliste passionné. Un jour de mars 2002, une intuition s’est imposée à moi: celle de raconter des moments de sa vie, ainsi que de publier en français une partie de ses perles en tant qu’un des meilleurs écrivains albanais pour les enfants et les adolescents. Je ne lui ai pas touché un mot concernant une telle possibilité, parce que je savais qu’il ne serait pas d’accord, avec sa modestie qui l’a caractérisé pendant toute sa vie. Mais je vais le faire parler devant un verre d’eau de nos sources, parce que je sais que nos amis médecins lui ont défendu de boire même un petit coup de rouge. J’imagine que ses amis de toujours Emil Qirko et Emil Cimbi, Mustafa Xhani, Perlat Kapisyzi et tant d’autres l’ont convaincu: maintenant  que l’espérance de vie est plus longue et qu’elle ne commence plus à quarante ans, comme disaient les italiens dans le temps, mais à cinquante ans, prof. Bedri a devant lui au moins 40 ans pour nous raconter son parcours, écrire et nous donner des conseils pédagogiques et d’un psychologue renommé. Il est Président de l’Association des Psychologues albanais, membre de l’Assemblée de la Ligue Mondiale des Sciences Psychologiques. IBC, le Centre International des Biographies de Cambridge, dans son volume de 1999-2000, dans la rubrique “Who Who’s”, l’a qualifié Bedri Dedja avec trois titres: “un écrivain et auteur mondial”, “un des 2000 écrivains les plus illustres du 20-ème siècle” et  “l’Homme de l’année 2000”. En 2000, il a reçu du président albanais, Rexhep Meidani, à l’occasion de son 70-ème anniversaire, l’ordre “Grand Maître du Travail”. Il est “Lauréat du Prix de la République”.
La décision prise d’écrire au sujet du prof. Bedri Dedja, n’est pas une tâche facile pour moi, surtout quand on a devant soi une personnalité remarquable. Cette décision, je l’ai ruminé pendant un long mois, puis je me suis mis un jour à mettre noir sur blanc des notes sur son histoire, comme on raconte une belle et vraie histoire. Ici dans cette préface je ne pourrai pas donner en quelques lignes la figure du prof. Bedri Dedja, mais je le ferai bientôt au fur et à mesure que je traduirai ses œuvres. Bien sûr, je suis conscient que sa femme Pandora, femme de science en littérature ou ses enfants, ou même ses neveux, nièces et proches, trouveront que je n’ai pas dit ceci, pas soulignés des moments forts de sa vie ou encore j’ai omis des choses importantes. Mais je leur promets que je ferai tout pour prendre des notes, pour les écouter ici en Suisse, en Albanie, en Grèce, au Canada, aux Etats - Unis, partout où ils se trouvent. Je ne peux pas oublier aussi les notes pour Bedri Dedja, de mon inoubliable père Tuni qui, un jour de l’année 1959, a commencé avec lui la publication de la première revue pour les enfants après la Libération du pays “Fatosi”. Et pendant des décennies, “l’oncle Bedri”, comme nous étions habitués à l’appeler, a écrit des merveilles pour les enfants, des milliers de contes, de poésies, de poèmes, des pièces de théâtre, des romans, pour les petits de trois ans jusqu’aux grands de 100 ans. Il est un des auteurs les plus en vogue en Albanie mais aussi hors des frontières albanaises. Il a écrit dans tous les styles de  littérature et avec beaucoup de succès. Il a  reçu “Le prix de la République” et plusieurs de ses œuvres sont traduites dans d’autres pays. Il a écrit presque soixante œuvres littéraires de tous les genres.  On a réédité 61 fois ses livres pour les enfants. Nous pouvons mentionner entre autres: “Les contes de la Suisse”,  “L’école du forêt”, “Les contes de la Grand-mère Propre”, “l’héroïsme de Veinard criblé de tâches de rousseurs” ou “Comment quatre enfants sont devenus des hommes d’affaires”, “L’oie à la plage”, “Le petit berger dans la montagne sèche”, “Les contes de onze étages”, “La menace des griffes cosmiques”,  “Artan le clairon et son commando”, ses romans “La République des milles et cent surprises”, “Les gosses de mon immeuble”, “Met le partisan”, “Les alarmes de la Ville de Nul part”, “Le Kacamisri autour du globe », “La ville aux trois forteresses”, “Dans les profonds Corridors du Jon ». Son roman “Un voyage dangereux” a été publié plusieurs fois. Il est dans la liste d’honneur de l’Organisation Internationale de la Littérature pour les Enfants (IBBY). J’aurai le privilège de le traduire bientôt en français, selon le souhait du Prof. Bedri Dedja.
La vision claire et sa verve d’un psychologue renommé et d’un pédagogue exemplaire ont été un atout pour le prof. Bedri Dedja afin d’afficher d’une manière simple et très caractéristique ses idées dans ses livres et des études pour les enfants et les adultes. “A travers les sentiers de la vie”, ses souvenirs sont un message optimiste pour la vie et les gens qu’il aime et pour lesquels il ne s’arrête pas un jour d’ écrire, de méditer…Ses livres “La littérature pour les enfants des écoles pédagogiques”, “Les traditions et les problèmes de la littérature albanaise pour les enfants”, “Des écrits pour la littérature pour les enfants” et des centaines de ses articles qui sont utilisés dans les écoles et les instituts de recherche sont d’actualité. Il a traduit et publié trente œuvres de la littérature classique mondiale et russe pour les enfants, en prose et en poésie.
Le recueil des “Contes de la Suisse” que nous vous présentons ici en albanais et en français, est une partie des souvenirs et des contes que le prof. Bedri Dedja a écrit sur ce petit pays aimable et de gens travailleurs, hospitaliers. En Suisse, il se rend de temps à autres où il s’y sent tranquille pour écrire, et donner des conférences, surtout pour les jeunes albanais qui ont choisi comme pays d’accueil la Suisse. Il leur inculque, avec son éloquence exemplaire,  l’idée qu’ils doivent respecter les lois et les coutumes suisses, comme les Suisses respectent les traditions et la langue albanaise et des autres populations, en leurs donnant la possibilité de s’instruire et de parler aussi leur langue d’origine. Le prof. Bedri Dedja a enseigné dans plusieurs Universités et institutions de recherches albanaises, la pédagogie et la psychologie. Il a contribué pour l’évolution de l’école et son histoire, pour l’éducation, la psychologie sociale…
Le prof. Bedri Dedja  a aussi un projet qui se réalisera bientôt: “Pestalozzi et l’Albanie” que j’ai promis de traduire en français. Le livre sera un hommage pour l’illustre pédagogue suisse, qui des années durant a pensé des simples gens, pour les éduquer à prendre le chemin de l’amour et du respect de l’un envers l’autre, envers les concitoyens et envers les étrangers. Ce livre sera un message d’amitié entre la Suisse et l’Albanie et servira comme  un repère pour les jeunes générations en Albanie qui sauront découvrir la vie et le parcours du pédagogue illustre Pestalozzi.

Genève, le 13 avril 2004

Publié dans le livre : « L’Elève passionnée du romanche » bilingue albanais- français (Editions Toena)



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